
En bref : ce qu'il faut retenir sur la TVS en 2026
La TVS pèse lourd pour les entreprises qui mettent des voitures de fonction ou de service à disposition de leurs salariés. Comprendre ses mécanismes permet de réduire la facture fiscale de plusieurs milliers d’euros par an.
- ✅ Deux taxes cumulatives : une sur les émissions de CO₂, l’autre sur les polluants atmosphériques (NOx et particules), qui s’appliquent dès qu’un véhicule est affecté à un usage économique
- 🔥 Barème CO₂ progressif : de 0 € pour les véhicules électriques jusqu’à plusieurs milliers d’euros pour les SUV thermiques dépassant 200 g/km
- 💡 Exonérations ciblées : les véhicules 100 % électriques, hybrides rechargeables et certains utilitaires échappent totalement ou partiellement à la taxe
- ⚠️ Déclaration annuelle obligatoire : le télérèglement s’effectue via l’espace professionnel impots.gouv.fr avant fin janvier pour l’année en cours
- 🎯 Optimisation possible : renouveler sa flotte vers des modèles moins émetteurs ou privilégier l’allocation mobilité peut diviser le montant de la TVS par deux ou trois selon la composition du parc
Définition et fonctionnement de la TVS : les deux taxes qui remplacent l'ancienne TVS

La TVS repose sur un système à deux composantes, chacune facturée séparément selon les caractéristiques du véhicule. Concrètement, l’entreprise règle une somme pour les émissions de CO₂ et une autre pour les polluants atmosphériques, chaque fois qu’un véhicule immatriculé en France est mis à disposition d’un salarié ou utilisé à des fins économiques.
Ce dispositif vise à inciter les entreprises à renouveler leur flotte vers des modèles moins émetteurs. Dans les faits, cela signifie qu’un SUV diesel Euro 5 coûte bien plus cher qu’un break essence Euro 6 récent, et qu’une berline électrique échappe totalement à la taxe. Le vrai sujet pour le dirigeant : anticiper le coût fiscal réel de chaque véhicule avant signature du contrat de location ou d’achat.
La taxe annuelle sur les émissions de CO₂
Cette première composante de la TVS s’applique à tous les véhicules affectés à un usage économique, dès lors qu’ils émettent du CO₂. Le montant augmente par paliers selon les grammes de CO₂ rejetés par kilomètre, d’après les valeurs homologuées WLTP pour les véhicules récents ou NEDC pour les anciens.
✅ Les véhicules 100 % électriques et hydrogène sont exonérés totalement
🟡 Les hybrides rechargeables bénéficient d’un abattement de 50 % si leur autonomie électrique dépasse 50 km
🔥 Les thermiques classiques paient le tarif plein, qui grimpe fortement au-delà de 150 g/km
Vu côté entreprise, chaque gramme supplémentaire compte : passer de 149 à 151 g/km peut alourdir la facture annuelle de plusieurs centaines d’euros. L’arbitrage entre modèles similaires se fait donc aussi sur la fiche technique, pas seulement sur le loyer mensuel.
La taxe annuelle sur les polluants atmosphériques
La seconde composante cible les oxydes d’azote (NOx) et les particules fines, en fonction de la norme Euro du véhicule. Allons à l’essentiel : plus le moteur est ancien, plus la taxe est élevée, et cette fois le carburant joue un rôle déterminant.
- Diesel Euro 4 ou antérieur : tarif maximal, jusqu’à plusieurs milliers d’euros par an
- Diesel Euro 5 : tarif intermédiaire encore significatif
- Diesel Euro 6d ou essence Euro 6 : tarif réduit, parfois nul selon le poids et la cylindrée
- Électriques et hydrogène : exonération totale
Dans les faits, un vieux diesel de fonction coûte facilement deux à trois fois plus cher en TVS qu’un modèle essence récent ou qu’un hybride rechargeable. Ce qu’il faut retenir : la date de première immatriculation et la norme Euro figurent sur la carte grise et déterminent directement le montant de cette taxe.
Quels véhicules sont concernés par la TVS et lesquels en sont exonérés

Les véhicules soumis à la TVS : critères d’affectation à des fins économiques
Concrètement, la TVS frappe tout véhicule utilisé à des fins économiques par une entreprise, quelle que soit sa forme juridique. Le critère déterminant n’est pas la propriété mais l’usage professionnel : location longue durée, crédit-bail, véhicule personnel du dirigeant inscrit à l’actif, tous sont concernés dès lors qu’ils servent à l’activité.
Dans les faits, trois situations déclenchent automatiquement l’assujettissement :
- Véhicule de société : possession ou location au nom de l’entreprise, quel que soit le contrat.
- Véhicule du dirigeant : immatriculé à titre personnel mais facturé à la société via des notes de frais kilométriques.
- Véhicule mis à disposition : prêt gratuit d’un véhicule personnel d’un salarié ou associé pour l’activité professionnelle.
Le vrai sujet : même un véhicule utilisé à 10 % pour l’activité entre dans le champ de la TVS. Il n’existe aucun seuil d’usage minimum. Dès qu’un lien économique est établi entre le véhicule et l’entreprise, la taxe s’applique pour l’année civile entière, proratisée uniquement en fonction du nombre de jours calendaires d’affectation.
Vu côté entreprise, cette logique impose une vigilance particulière sur les véhicules personnels du dirigeant : un simple remboursement de frais kilométriques déclenche l’assujettissement, là où un usage strictement privé sans aucune refacturation échappe à la taxe.
Les cas d’exonération totale de TVS en 2026
Certaines catégories de véhicules bénéficient d’une exonération totale, quelle que soit leur motorisation ou leur taux d’émission. Allons à l’essentiel : ces exonérations reposent sur l’usage spécifique du véhicule, pas sur ses caractéristiques techniques.
| Type de véhicule | Statut TVS | Condition |
|---|---|---|
| Véhicule de démonstration | ✅ Exonéré | Réservé aux essais clients, non affecté durablement |
| Véhicule destiné à la revente | ✅ Exonéré | Stock d’un concessionnaire ou négociant auto |
| Véhicule de transport de personnes | ✅ Exonéré | ≥ 8 places assises hors conducteur (minibus, navette) |
| Véhicule d’auto-école | ✅ Exonéré | Double-commande, usage exclusif formation |
| Véhicule agricole ou TP | ✅ Exonéré | Tracteur, engin de chantier homologué |
| Véhicule accessible handicap | ✅ Exonéré | Carte mobilité inclusion (CMI) du titulaire |
| Véhicule électrique ou hydrogène | ✅ Exonéré | 100 % électrique ou pile à combustible |
Ce qu’il faut retenir : l’exonération pour véhicules électriques est permanente et sans limite de durée ni de puissance, ce qui en fait le levier fiscal le plus stable pour réduire durablement la charge de TVS. À l’inverse, l’exonération d’un véhicule de démonstration nécessite une traçabilité stricte de l’usage commercial, sous peine de requalification par l’administration.
Dans les faits, certaines entreprises jouent sur la qualification des véhicules pour échapper à la taxe. ⚠️ Vigilance : un véhicule prétendument destiné à la revente mais utilisé régulièrement par un dirigeant ou un commercial sera requalifié en véhicule de tourisme soumis à TVS, avec rappel de cotisations et pénalités à la clé.
Calcul de la TVS en 2026 : barèmes, simulateur et méthode de calcul

Barème 2026 de la taxe CO2
Concrètement, la taxe CO2 s’applique à tous les véhicules dont les émissions dépassent 20 grammes de CO2 par kilomètre. Le barème 2026 amplifie la progressivité : plus un véhicule émet, plus le tarif par gramme augmente fortement, ce qui pénalise lourdement les SUV thermiques et les berlines puissantes.
Le calcul se fait par tranche d’émissions, exactement comme l’impôt sur le revenu. ✅ Vous cumulez les montants de chaque tranche jusqu’au niveau d’émission de votre véhicule. Résultat : un véhicule qui émet 140 g/km paie beaucoup plus que deux fois un modèle à 70 g/km.
| Tranche CO2 (g/km) | Tarif 2026 | Impact cumulé |
|---|---|---|
| 0 à 20 | 0 € | ✅ Exonération totale |
| 21 à 50 | 2 € / g | 60 € pour un hybride à 50 g |
| 51 à 120 | 5 € / g | 410 € pour un véhicule à 100 g |
| 121 à 150 | 15 € / g | 860 € pour un SUV à 140 g |
| 151 à 170 | 27 € / g | 1 400 € pour une berline à 160 g |
| Au-delà de 170 | 32 € / g | 2 080 € pour un 4×4 à 200 g |
Vu côté entreprise, un véhicule qui émet 180 g/km génère 2 400 € de taxe CO2 par an et par véhicule, contre seulement 60 € pour un hybride rechargeable bien dimensionné. 🔥 Sur une flotte de 10 véhicules, l’écart représente 23 000 € de charge fiscale annuelle évitable.
Barème 2026 de la taxe polluants atmosphériques
La taxe polluants atmosphériques fonctionne différemment : elle ne s’applique qu’aux véhicules mis en circulation avant 2020 ou immatriculés dans l’ancienne norme WLTP sans données CO2. Le critère retenu est la puissance administrative (chevaux fiscaux), ce qui pénalise mécaniquement les gros moteurs thermiques.
Dans les faits, cette taxe vise surtout les flottes qui conservent des véhicules anciens pour éviter de renouveler leur parc. ⚠️ Une stratégie de temporisation coûteuse : au-delà de 15 CV, la facture dépasse 3 500 € annuels par véhicule.
| Puissance fiscale | Tarif 2026 | Profil véhicule |
|---|---|---|
| ≤ 5 CV | 750 € | ✅ Citadine essence |
| 6 à 10 CV | 1 400 € | 🟡 Compacte diesel |
| 11 à 15 CV | 3 000 € | ❌ Berline puissante |
| > 15 CV | 3 600 € | 🔥 SUV haut de gamme |
Ce qu’il faut retenir : la taxe polluants n’est due qu’une fois par an, mais elle s’ajoute à la taxe CO2 si le véhicule entre dans le nouveau barème. Résultat possible : double taxation sur un même véhicule ancien mais encore utilisé, jusqu’à 5 000 € cumulés pour un gros SUV diesel de 2019.
Utiliser le simulateur TVS pour anticiper votre charge fiscale
Le vrai sujet : estimer précisément votre TVS totale avant de renouveler la flotte ou d’acquérir un nouveau véhicule. L’administration fiscale met à disposition un simulateur officiel sur impots.gouv.fr, mais son ergonomie reste approximative et il nécessite de connaître à l’avance les émissions WLTP et la puissance fiscale de chaque véhicule.
Concrètement, voici comment procéder pour anticiper votre charge :
- 💡 Récupérez les données techniques : certificat d’immatriculation (case V.7 pour le CO2, case P.6 pour la puissance fiscale)
- 💡 Identifiez la date de première immatriculation : elle détermine si vous tombez sous la taxe CO2 seule ou aussi sous la taxe polluants
- 💡 Calculez tranche par tranche pour la taxe CO2, en cumulant les montants jusqu’au seuil d’émission de votre véhicule
- 💡 Multipliez par le nombre de véhicules de chaque catégorie dans votre parc pour obtenir la charge fiscale annuelle globale
Allons à l’essentiel : la plupart des entreprises sous-estiment leur exposition réelle en raisonnant véhicule par véhicule au lieu de consolider la charge au niveau de la flotte. Une erreur fréquente qui décale les arbitrages de renouvellement de plusieurs mois et fait perdre des opportunités d’optimisation.
Dans la pratique, un tableur Excel bien structuré avec trois colonnes (immatriculation, émissions CO2, puissance fiscale) et les formules de calcul du barème permet d’obtenir une projection fiable en moins de dix minutes. 🎯 Vous identifiez immédiatement les véhicules à forte contribution fiscale et les candidats prioritaires au remplacement par des modèles hybrides ou électriques.
Déclaration et paiement de la TVS : démarches et calendrier 2026
La déclaration de la TVS suit un calendrier strict et des modalités purement dématérialisées. Toute entreprise redevable doit déclarer ses véhicules sur impots.gouv.fr avant le 31 janvier 2026, même si elle n’a acquis aucun véhicule nouveau dans l’année. L’absence de déclaration ou un dépôt tardif entraîne une majoration automatique de 10 % du montant dû, puis 40 % en cas de mise en demeure restée sans réponse.
Concrètement, deux cas de figure se présentent selon votre régime fiscal. Les entreprises soumises à l’IS déclarent via le formulaire n°2855-SD, celles relevant de l’IR utilisent le formulaire n°2857-SD. Dans les deux cas, la démarche s’effectue exclusivement en ligne via votre espace professionnel sur le site des impôts, avec paiement immédiat par télérèglement ou prélèvement à l’échéance.
Quand et comment déclarer la TVS
Le calendrier TVS 2026 s’articule autour de trois dates clés : le 31 janvier pour la déclaration et le paiement, le 15 février comme date limite de régularisation en cas d’oubli mineur, et fin mars pour les éventuels redressements notifiés par l’administration. Aucune possibilité de fractionnement ou d’étalement du paiement n’existe, contrairement à d’autres taxes professionnelles.
Dans les faits, la procédure exige de renseigner véhicule par véhicule : 🎯 numéro d’immatriculation, date de première mise en circulation, émissions de CO2 WLTP, puissance fiscale et nombre de trimestres d’utilisation dans l’année. Une acquisition en avril génère ainsi une taxation sur trois trimestres, une cession en septembre limite la charge à trois trimestres également.
Vu côté entreprise, l’erreur la plus fréquente consiste à oublier de déclarer les véhicules restitués en LLD ou LOA en cours d’année. Le fait générateur reste la mise à disposition, pas la propriété juridique. Toute période d’utilisation, même partielle, doit figurer dans la déclaration avec le nombre exact de trimestres concernés.
Stratégies d’optimisation pour réduire le montant de la TVS
Quatre leviers d’optimisation opérationnels existent pour réduire structurellement la charge TVS sans attendre une hypothétique réforme fiscale :
- ✅ Renouvellement anticipé des véhicules thermiques par des hybrides rechargeables ou électriques totalement exonérés de TVS, avec un ROI généralement positif dès 60 000 km annuels
- ✅ Passage à la location courte durée pour les besoins ponctuels plutôt que l’intégration au parc permanent, la TVS ne s’appliquant qu’aux véhicules affectés durablement à l’entreprise
- ✅ Arbitrage sur les dates d’acquisition : une commande début janvier évite une double taxation sur deux exercices consécutifs en cas de livraison décalée fin décembre
- ✅ Documentation rigoureuse de l’usage strictement privé pour certains dirigeants, permettant de sortir le véhicule du périmètre TVS sous réserve de prouver l’absence totale d’usage professionnel
Ce qu’il faut retenir : la réduction durable de la TVS passe par une refonte progressive de la politique de flotte, pas par des montages fiscaux périphériques. Les entreprises qui ont anticipé le verdissement de leur parc dès 2024 constatent aujourd’hui des économies annuelles de 15 à 40 % sur leur charge fiscale automobile globale.

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